Le Cameroun est son pays, Douala sa ville, l'aéroport International de Douala son lieu de travail. ENGO est Artiste Peintre. C'est dans les couloirs de l'aéroport, entre les passagers qui arrivent et ceux qui partent qu'il s'est crée un univers professionnel celui d'un créateur qui vend ses ouvres à tous ceux que l'art peut intéresser. Ce jeune homme à la bonne humeur, palpable n'est pas seulement une figure de coin. Engo est aussi celui qui donne une bonne claque à toutes les idées préconçues tant son dynamisme et son enthousiasme prennent le déçu sur les blessures de la vie. On oublierait presque sa singularité : Engo est Handicapé Physique. C'est à la fois sa différence et sa force. Rencontre avec un jeune plein d'optimisme.
Depuis un lourd paludisme à l'âge de deux ans, en 36 ans est paralysé de tout son côté gauche. Ses jambes ont dépérit et sans force. Sur de longues béquilles, il se traîne péniblement à travers l'aéroport de la métropole économique Douala au Cameroun, et propose aux passagers ses cartes de salutation faites à la maison à base de la peinture à huile.
Portrait d'un courageux homme qui offre le front au destin.
Au restaurant de l'aéroport il est assis avec un collègue qui vend les bijoux à la table voisine. Le charmant vendeur se lève soudainement et péniblement, met sur ma table une pile de cartes postales peintes à la main et dit : « Pouvez vous y jeter un coup d'½il, je reviendrai plus tard » ? Il quitte la salle en toute confiance de mon honnêteté. Ce sont des motifs Africains, principalement les scènes de la vie au village qu'il a représentée sur les petites images collées ensuite sur des papiers cartonnés, ceci fait le charme de son travail manuel. Engo est un artiste, un combattant car il ne se laisse pas vaincre par son handicape. « Ma devise est non à la mendicité et oui au travail. » explique t-il dans notre entretien.
Malgré sa lourde infirmité, Engo a fait l'école régulière avec la maturité moyenne. Il a terminé en suite avec succès une formation en comptabilité (CAP) en comptabilité et les cours en Marketing attestés qu'il a terminé avec un diplôme. « Mais ici au Cameroun il n'y a aucune structure pour les employés handicapés. Je ne trouvais pas d'emploi et devais soudainement prendre soin de moi et trouver un moyen pour gagner ma vie. » M'informe t il. Il vendait d'abord des cartes postales avec des reproductions d'images des autres artistes. « Mais elle ne paraissait pas si belles, je m'imaginais pouvoir faire mieux » Aussitôt dit aussi fait. Il se procurait des peintures à l'huile et depuis 5 ans il fait et vend ses propres ½uvres et même des grandes images sur la toile, et vend uniquement des originaux faits à la main.
Son rêve : Avoir des commandes fermes et faire une exposition. Seulement, il peut à peine vivre de cette occupation ; en outre la position debout continuelle à l'aéroport est très fatigante pour lui. Dans la saison morte comme il l'appelle (Septembre, Octobre) et (Février / Juin) "je ne gagne que très peu. A cette période les gens ne voyagent pas beaucoup. Voyez-vous aujourd'hui on est le 10 Juin et il est 19 heures et vous êtes mon premier client", explique t il. "Si les affaires vont bien il gagne environ 230 euros par mois et au mauvais temps seulement 100 euros et ceci va juste pour le transport et un petit repas pour le jour. Les affaires courent le mieux pendant les fêtes de noël".
Qui achète vos cartes ? « Principalement des Européens et des Américains ; chez les Africains ceux sont Gabonais, Tchadiens, Nigérians et Ivoiriens mais certains disent qu'ils achètent par pitié. Et alors ils veulent étouffer les prix "que je demande, où est donc la pitié" ? dit Elie.
Chaque jour il est à l'aéroport 8 heurs et à la maison il peint environ 3 heures. Jusqu'à 500 cartes, il pouvait produire le mois ; il explique. Et plus volontiers lui serait s'il avait des commandes fermes, des clients qui lui prendraient des cartes et revendraient alors. Et son tout à fait rêve : Faire une fois quelques part une exposition.
Il est 20 heures, la journée de Engo à l'aéroport pour aujourd'hui est terminée, maintenant il retourne à la maison pour peindre. Aujourd'hui il a pris seulement 15 euros pour 12 cartes, mais il est content. "Donc cela va me servir pour quelques jours avec ma famille". Famille ? "Oui" rayonne t-il. "Je suis père de deux enfants : un garçon de 2 ans et demi et un bébé d'un mois. Mon bonheur est parfait."
Engo est un homme qui a pris en main courageusement son lourd destin, et ne compte que de manière exemplaire sur lui-même et sur Dieu ; me dit il en guise d'adieu. "Voyez donc comment je gagne ma vie"
Texte écrit respectivement par :
Hortense NOUVIANE de CITEBLACKparis
et Ingrid AOUANE de AFRICA.LIVEberlin .